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OMS : importance du soutien continu pendant l'accouchement

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OMS : importance du soutien continu pendant l'accouchement

Messagepar Karine » 02 Oct 2009, 12:20

http://apps.who.int/rhl/pregnancy_child ... Alcom2/fr/

"Soutien continu aux femmes pendant l’accouchement
Les femmes qui bénéficient d'un soutien personnalisé continu pendant leur grossesse présentent un risque plus faible d'analgésie/anesthésie loco-régionale, d'accouchement assisté par voie basse et de césarienne. Les effets positifs du soutien sont supérieurs chez les femmes qui n'ont aucune autre source de soutien et dans les milieux où l'analgésie péridurale et le monitorage électronique fœtal ne sont pas systématiques.


Cette analyse documentaire Cochrane (1) évalue les effets, chez la mère et le nouveau-né, d'un soutien personnalisé continu pendant l'accouchement par rapport aux soins habituels. Elle a été mise à jour en 2007 avec l'ajout d'une nouvelle étude à grande échelle (2) et inclut maintenant 16 essais comparatifs randomisés portant sur 13 391 femmes. Cette nouvelle étude appuie encore davantage la conclusion précédente selon laquelle un soutien personnalisé apporté aux femmes par un profane ou un professionnel de santé (accompagné ou non par un proche) pendant le travail et l'accouchement a un effet positif sur les interventions médicales au cours du travail et sur le bien-être émotionnel de la mère. Néanmoins, l'ajout de cet essai rigoureux mené à grande échelle a également contribué à une révision de certains résultats précédents. Par exemple, selon les résultats de certains essais individuels et de méta-analyses précédentes, on observait une réduction de la durée du travail chez les femmes ayant bénéficié d’un soutien pendant le travail. Mais après l'ajout à l'analyse documentaire des résultats de cette nouvelle étude, cet effet positif sur la durée du travail a disparu.

Les auteurs ont développé un nouveau protocole pour cette analyse documentaire Cochrane. Alors que l'objectif principal est resté identique (à savoir : évaluer les effets sur la mère et le nouveau-né d'un soutien émotionnel personnalisé continu par rapport aux soins habituels, dans tous les milieux), des objectifs secondaires ont été ajoutés afin de mieux discerner les effets du soutien dans des conditions variées. De nouvelles analyses de sous-groupes ont été réalisées à cette fin de façon à évaluer les effets, chez la mère et le nouveau-né, des pratiques (anesthésie péridurale et monitorage continu du fœtus) et politiques de routine liées à l'environnement dans lequel a lieu l'accouchement, suceptibles d'avoir une incidence sur la liberté de mouvement de la femme et sa capacité à supporter le travail. D'autres analyses de sous-groupes ont évalué les effets suivants : la présence en salle de travail d'accompagnants choisis par la femme ; les caractéristiques des prestataires de soutien pendant le travail ; si les accompagnants lors de l'accouchement étaient des employés ou non de l'institution de santé ; le type de formation et d'expérience des prestataires de soutien et leur relation à la patiente ; le moment du début du soutien continu (si le soutien a commencé avant ou après le début de la phase active du travail). Dans cette version de l'étude, les auteurs ont élargi le champ d'étude aux mécanismes d'action possibles.

Les essais inclus dans cette analyse documentaire ont majoritairement été réalisés dans des pays à revenus élevés (Australie, Grèce, Belgique, Canada, Royaume-Uni et États-Unis), mais également dans des pays à revenus moyens et faibles (Botswana, Guatemala, Mexique et Afrique du Sud). Les essais ont montré que les femmes bénéficiant d'un soutien personnalisé continu présentent un risque plus faible d'analgésie/anesthésie loco-régionale, d'accouchement assisté par voie basse et de césarienne (toutes ces différences étaient statistiquement significatives, même si elles ne l’étaient que de façon marginale). Par ailleurs, elles sont également moins susceptibles de signaler un mécontentement relatif à leur expérience d'accouchement (RR = 0,73 [IC95 : 0,65-0,83]) et elles ont également plus de chances d'accoucher spontanément par voie basse. Quatre essais incluant approximativement 1 000 femmes ont montré que, par rapport aux soins habituels, le soutien continu n'était pas associé à une réduction du besoin d'ocytocine artificielle pendant le travail, des scores d'Apgar à cinq minutes, du nombre d'admissions des nouveau-nés en unité spécialisée, du nombre de signalements de douleurs sévères pendant le travail et de la durée du travail. Peu d'informations sont disponibles quant aux effets du soutien personnalisé continu sur la santé et le bien-être de la mère et du nouveau-né au cours de la période qui suit immédiatement l'accouchement.

De manière générale, les effets bénéfiques du soutien étaient plus importants lorsque :
(i) d'autres sources de soutien n'étaient pas disponibles ;
(ii) l'anesthésie péridurale n'était pas systématiquement utilisée;
(iii) le soutien personnalisé n'était pas assuré par un employé de l'hôpital et que cette personne n'avait pour seul rôle que celui de soutenir la patiente ; et
(iv) le soutien commençait tôt au cours du travail.

Cette analyse documentaire n'a pas trouvé de réponse aux questions concernant les mécanismes par lesquels les milieux où l'analgésie péridurale est systématique limitent l'efficacité du soutien pendant le travail, ou sur les raisons pour lesquelles le soutien apporté par des personnes ne faisant pas partie du personnel était généralement plus efficace que le soutien apporté par un employé de l'institution de santé. L'analyse documentaire montre qu'il existe une relation de type « dose – effet» entre soutien et efficacité : plus le soutien apporté à la patiente est important, précoce et long, plus il est efficace.

Ces résultats revêtent une importance particulière pour les pays à revenus moyens, dans lesquels la plupart des femmes accouchent dans des hôpitaux fournissant des soins hautement médicalisés pendant l'accouchement, mais où les accompagnants ne sont pas autorisés à être présents en salle de travail. Aucun effet négatif du soutien continu n'a été observé dans l'ensemble des essais inclus dans la présente analyse.

2. PERTINENCE DANS LES MILIEUX DÉFAVORISÉS
2.1 Étendue du problème
Les accouchements sans soutien aux femmes, dans le cadre d'un modèle de soins médicalisés et déshumanisés, sont chose très courante dans les hôpitaux des pays à revenus moyens, notamment en Amérique latine et dans certains pays d'Asie. Il s'agit du modèle de soins le plus courant dans les zones urbaines de ces régions, où vit plus de 70 % de la population. De nos jours, plus de 90 % des femmes mexicaines vivant dans de grandes villes accouchent à l'hôpital (3). Les taux très élevés d'épisiotomies et de césariennes sont des indicateurs montrant clairement le niveau élevé de médicalisation de l'accouchement dans ces milieux (4, 5). Ce modèle de soins hautement médicalisés peut être caractérisé comme un modèle promouvant l'utilisation d'interventions non nécessaires, négligeant les besoins émotionnels des femmes et contribuant au coût élevé total des services médicaux.

2.2. Applicabilité des résultats
Les résultats de cette analyse documentaire Cochrane revêtent une importance particulière dans les pays dans lesquels une forte proportion de femmes accouchent à l'hôpital, comme la plupart des pays latino-américains ainsi que certains pays d'Asie et d'Afrique. Ils sont d'autant plus pertinents et significatifs dans la mesure où cette analyse montre que les effets positifs du soutien sont supérieurs lorsque aucune autre source de soutien n'est disponible et lorsque l'anesthésie péridurale et le monitorage électronique du fœtus ne sont pas systématiques, conditions prédominantes dans une grande partie des hôpitaux des pays à revenus moyens. Les effets sont également supérieurs lorsque le soutien commence tôt au cours du travail. Malheureusement, la mise en œuvre du soutien dès le début du travail peut ne pas être faisable dans les hôpitaux surchargés, dans lesquels les femmes ne sont généralement pas admises avant que la dilatation ne soit avancée. Ainsi, le soutien pendant le travail pourrait ne pas être pertinent dans des milieux où l'accouchement à domicile est la norme, où les femmes rencontrent des difficultés d'accès aux services de soins de santé et où les institutions font face à des manques de ressources (aussi bien en termes de personnel que de matériel).

2.3.Mise en oeuvre de l'intervention
L'apport d'un soutien aux femmes pendant le travail est essentiel d'un point de vue humain et pourrait permettre des améliorations de certains résultats de la grossesse et du bien-être émotionnel de la mère. Néanmoins, le soutien social pourrait ne pas être la meilleure stratégie de réduction des interventions obstétricales dans les institutions de santé très médicalisées. Le soutien social devrait s'inscrire en complément d'autres interventions visant à changer les politiques et les préférences et pratiques des prestataires de soins. Lorsque les ressources sont limitées et les besoins multiples, les interventions doivent être comparées en termes d'efficience et de coût avant d'être recommandées comme pratique systématique.

Dans les pays à revenus moyens, la mise en œuvre de cette intervention ne devrait rencontrer que peu d'opposition. Les coûts inhérents à l'apport de ce type de soutien ne devraient pas être trop élevés, notamment dans la mesure où les personnes non médicales constituent une option plus efficace que les professionnels en tant que sources de soutien. Ces personnes n'auraient pas besoin d'une formation longue et complexe et leur travail n'interférerait pas avec les services de soins de routine. Néanmoins, il faudra peut-être surmonter l'opposition des professionnels de santé, susceptibles de refuser la présence de non professionnels en salle de travail et de se plaindre du trop grand nombre de personnes présentes dans cette salle. Un programme de soutien social n'implique aucune compétence ni technologie sophistiquées.

Des modifications devront être apportées à la formation des professionnels de santé. Il conviendra également d'adopter des mesures dans les centres de soins visant à encourager les professionnels de santé à modifier leurs comportements et leurs pratiques au profit de la mise en œuvre d'un soutien continu des femmes.

3. RECHERCHE
De plus amples recherches sur ce thème devraient comprendre : effects of continuous labour support on the health and well-being of mothers and babies in the post-partum period; large sound trials on the effect of implementation of continuous support in developing countries under routine conditions (busy hospitals, rigid routines characterized by high rates of medical and surgical procedures, low prevalence of breastfeeding); evaluation studies of cost–effectiveness of social support, compared with that of other priority interventions; and feasibility and acceptability studies that include in-depth qualitative techniques to learn more about women's and providers' perceptions about routine care and provision of social support, obstacles to adoption of such an intervention and strategies that would help to overcome them. D'autres résultats relatifs à la morbidité comme l'incontinence urinaire et fécale (c'est-à-dire les symptômes de la fistule obstétricale), des rapports sexuels douloureux ou la dépression devraient être inclus dans les futurs essais menés dans les pays en voie de développement où ces problèmes sont fréquents.

Sources de soutien : The Population Council, Regional Office for Latin America and the Caribbean.

Références
Hodnett ED, Gates S, Hofmeyr GJ, Sakala C. Continuous support for women during childbirth. Cochrane Database of Systematic Reviews 2003; Issue 3. Art. No.: CD003766; DOI: 10.1002/14651858.CD003766.pub2.
Campbell DA, Lake MF, Falk M, Backstrand JR. A randomized control trial of continuous support in labor by a lay doula. Journal of Obstetric, Gynecologic, and Neonatal Nursing 2006;35(4):456-64.
Secretaría de Salud. Estadísticas hospitalarias. Mexico 2001.
Althabe F, Belizán J, Bergel E. Episiotomy rates in primiparous women in Latin America: hospital based descriptive study. BMJ 2002;324:945-6.
Langer A, Villar J. Promoting evidence based practice in maternal care would keep the knife away. BMJ 2002;324:928-9.


Ce document doit être cité comme suit : Langer A. Soutien continu aux femmes pendant l'accouchement : Commentaire de la BSG (dernière révision : 05.09.07). Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS ; Genève : Organisation mondiale de la Santé"



L'importance du soutien à la femme pendant le travail est réellement primordiale en cas d'AVAxC, et ce soutien peut être apporté par les sages-femmes (de l'hôpital ou libérale en cas d'accouchement en plateau technique ou à domicile), par une doula ou par toute autre personne de confiance.
Karine, maman de 2 garçons.
n°1 né en Janvier 2001 par césarienne programmée pour siège décomplété et faux bassin limite.
n°2 né en Juin 2005, AVAC déclenché à DPA + 3j; le récit: viewtopic.php?f=13&t=98
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Messagepar Robine » 13 Oct 2009, 00:10

Merciiiiiiiiiiiiiii !!!
Audrey, maman de 2 zouaves nés par césarienne, active pour le droit des femmes césarisées à vivre un accouchement respecté.
Un 3ème bébé en préparation, pour une belle naissance respectée en juillet 2013
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