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doc "Quelles sont les indications de la radiopelvimérie?"

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doc "Quelles sont les indications de la radiopelvimérie?"

Messagepar poco » 15 Juin 2012, 18:12

Quelles sont les indications de la radiopelvimérie?


F. BRETELLE, C. D’ERCOLE, R. SHOJAI, L. PIECHON,
R. DESBRIERE, C. CHAU, A.S. MAISONNEUVE,
S. PUPPO, A.L. RIGOUARD, L. BOUBLI
Hôpital Nord, MARSEILLE.

Les indications de la radiopelvimétrie sont devenues extrêmement limitées. Il reste deux indications potentielles : en cas d’acceptation de voie basse sur un enfant en présentation caudale
et en cas d’antécédent de traumatisme du bassin. Dans ces deux indications, le but est d’éviter la réalisation d’une césarienne en urgence. Ces indications sont controversées mais classiquement retenues. Dans tous les autres cas, la réalisation d’une pelvimétrie augmente le risque de césarienne et n’améliore pas l’état néonatal.
En particulier, il n’y a pas d’indication à sa réalisation en cas d’utérus cicatriciel, de macrosomie foetale, de grossesse gémellaire ou d’antécédent d’extraction instrumentale.


La radiopelvimétrie fut adoptée il y a plus de 50 ans sans aucune étude clinique prospective préalable et connut par la suite un succès important. Les premières publications établissant une corrélation entre les mesures du bassin et l’issue du travail suscitèrent tout d’abord l’enthousiasme des obstétriciens. Par la suite, plusieurs critiques ont été opposées à la pratique de cet examen. Parmi les principaux reproches, on peut retenir le défaut de précision des mesures, l’absence de consensus vis-à-vis des valeurs normales des mesures du bassin, le risque non négligeable de l’irradiation maternelle et foetale et la faible prédiction de la radiopelvimétrie vis-à-vis de l’issue du travail.
La pelvimétrie a évolué ces dernières années de plusieurs manières. Tout d’abord, l’outil réalisant la mesure a changé (scanner, IRM) pour remplacer dans certaines structures la radiopelvimétrie conventionnelle. Les indications
ont elles aussi évolué, la prescription d’une pelvimétrie était devenue extrêmement limitée mais variable en fonction des pratiques. Les aspects et contraintes médico-légales accentuées ces dernières années ont tendance à stimuler sa prescription.

Faut-il prescrire ou ne pas prescrire une radiopelvimétrie lors de la grossesse ? La réponse n’est pas cartésienne, nombreux sont les éléments intervenant dans cette décision. En fonction du type d’indication, la pelvimétrie semble être une aide et peut contribuer à documenter une décision obstétricale délicate. Dans d’autres situations, au contraire, la pelvimétrie, connue pour faire augmenter la morbidité maternelle, aura un effet pervers en étant un argument défavorable dans le dossier alors que cet examen avait été initialement prescrit pour se protéger.
Plusieurs éléments sont incontrôlables dont le résultat de la confrontation céphalopelvienne (degré de flexion foetale). Le degré de compréhension et le niveau de réception de l’information délivrée à la patiente est impossible à évaluer. De surcroît, le problème n’est pas de prescrire une pelvimétrie, mais plutôt de savoir comment en interpréter les résultats. Ainsi, actuellement, il n’existe aucun consensus sur les biométries pelviennes permettant d’accepter une épreuve du travail sur un utérus cicatriciel ou encore d’autoriser la voie
basse en cas de présentation caudale.


zz L’EVOLUTION DE LA MORPHOLOGIE DU BASSIN MATERNEL


L’évolution de la morphologie du bassin maternel et de la tête foetale est à l’origine de la mécanique obstétricale. Le volume de la tête a été amené à croître et a dû s’adapter aux modifications du bassin. L’Homme a également adopté la station verticale, attitude qui a modelé l’architecture de son pelvis selon un plan original. Le mince anneau pelvien des quadrupèdes et des anthropoïdes s’est mué en une cavité profonde, courbe, comprise entre deux zones rétrécies aux formes tourmentées. Son orifice d’entrée n’est pas dans l’axe de la poussée utérine, et son orifice de sortie est obturé par un puissant diaphragme musculaire, sans équivalent dans aucune autre espèce. En effet, le diamètre osseux antéropostérieur ayant diminué, le mobile foetal doit subir des mouvements de flexion et de rotation qui ne devaient pas exister initialement [1].
Le fait le plus marquant est que la mécanique obstétricale et la progression du mobile foetal utilisent les diamètres
obliques. Or ceux-ci ne sont bien souvent plus mesurés lors de la réalisation d’une pelvimétrie, en particulier lorsque des techniques telles que la tomodensitométrie ou la résonance magnétique nucléaire sont utilisées.


zz DIFFERENTES METHODES DE PELVIMETRIE

La radiopelvimétrie se propose de mesurer les diamètres utiles du bassin obstétrical afin de rechercher et de préciser d’éventuelles dystocies osseuses.
Aux techniques radiologiques standard quasi inchangées depuis Magnin et Fernström sont venues s’ajouter deux techniques nouvelles : la tomodensitométrie et plus récemment l’IRM permettant une étude du bassin plus précise, plus simple et moins ou non irradiante.
Le choix de la méthode de pelvimétrie peut elle aussi avoir des implications médico-légales. En effet, selon les études il existe une variabilité des mesures. Le choix ira préférentiellement à la méthode la plus facilement accessible, la moins coûteuse et la moins irradiante en fonction des disponibilités locales.

1. – Le pelviscanner
La TDM est plus performante que la radiologie conventionnelle. Elle est plus fiable, les mesures effectuées avec le curseur étant exactes et reproductibles. Elle est peu irradiante, contrairement à la pelvimétrie standard qui délivre l’équivalent d’une ou plusieurs années d’irradiation naturelle.

- Irradiation moindre: Le pelviscanner a dans beaucoup de services remplacé la
radiopelvimétrie conventionnelle. L’argument majeur de ce changement est la moindre irradiation. Globalement, les indications et prescriptions de la pelvimétrie quelle que soit sa méthode sont identiques. Néanmoins, comme toute nouvelle technique une évaluation par rapport à la technique de référence est nécessaire. Une étude récente montre entre autres que la mesure du transverse médian et la mesure antéropostérieure du détroit inférieur sont soumises à une variabilité intra- et inter-observateurs non négligeable (respectivement TM : 1,7 ; 1,5 mm et détroit inférieur 3,5 mm ; 10,9 mm).
Cette variabilité est différente selon les centres. Cette notion est importante à connaître si une décision est prise sur les mesures réalisées. Les clichés doivent être analysés avec précision. Les équipes de radiologie devraient s’évaluer par rapport aux techniques de référence afin de s’assurer de l’exactitude
de leur mesure.
En radiologie conventionnelle, la dose moyenne d’exposition gonadique a été estimée à 0,34 cGy environ. En TDM, les doses délivrées aux gonades par deux modes radio et une coupe bisciatique sont de 0,04 cGy, quelle que soit la présentation, cela pour un temps de pose de 3,4 s (il est possible de diminuer ces doses en réduisant le temps de pose à 2 s et en supprimant le cliché de face peu utile) ; l’irradiation apportée par la coupe du TM varie selon la présentation : en cas de présentation céphalique, elle est négligeable, la coupe se situant à environ 20 cm des gonades foetales ; en cas de présentation du siège, elle peut atteindre 0,14 cGy si le plan de coupe passe par les gonades foetales. L’irradiation totale sera alors de 0,04 + 0,14 = 0,18 cGy. Ces doses restent donc bien inférieures à celles délivrées par la pelvimétrie conventionnelle.

- Rapidité:C’est une méthode par ailleurs plus simple, plus rapide et plus confortable pour la patiente. La durée d’un examen par TDM avoisine 7 à 8 minutes. Sa mise en place précise constitue le temps principal. Etant donné la durée très limitée du décubitus dorsal, on n’observe pas de syndrome cave. La durée d’un examen radiologique est plus importante : 15 à 20 minutes en tout.

2. – Pelvimétrie par IRM
Différents protocoles techniques ont été proposés. L’IRM permet des coupes en triple obliquité, contrairement à la tomodensitométrie qui ne peut réaliser que des coupes horizontales et des clichés mode radio. L’IRM donne des mesures d’une précision équivalente à celle de la TDM, mais elle a l’avantage par rapport aux autres techniques d’être non irradiante et plus simple (il n’est pas nécessaire de centrer rigoureusement la patiente, contrairement à la TDM, ni d’effectuer des corrections de mesure, contrairement à la radiologie conventionnelle).
L’IRM fournit une excellente visualisation des éléments osseux, mais également des parties molles (col, placenta). La corticale osseuse est représentée par un hyposignal quelle que soit la séquence utilisée (séquences pondérées en T1 ou en T2) étant donné la densité très faible en protons de ces structures. C’est une méthode simple, rapide et confortable pour la patiente; elle ne présente aucun danger pour la mère et le foetus. Les contre-indications de cet examen sont celles qui découlent de l’utilisation d’un champ magnétique intense : pacemakers, stimulateurs neuroélectriques ; présence d’implants ferromagnétiques mobilisables (clips vasculaires intracrâniens,
éclats métalliques dans les parties molles), claustrophobie majeure. Certains implants métalliques (tige de Harrington, prothèse de hanche) ne constituent pas des contre-indications, mais sont à l’origine d’artefacts d’images. La durée approximative de l’examen est de 15 minutes, mais la progression en matière de rapidité d’acquisition des images devrait encore réduire ce temps. L’IRM s’est également avérée utile dans la prévention de la dystocie des épaules grâce à la mesure du diamètre biacromial foetal combinée à la radiopelvimétrie. Treisser et al. rapportent en 1993 une série de 26 patientes chez qui une pelvimétrie combinée à la mesure du diamètre biacromial foetal a été pratiquée. Cette mesure du biacromial a ensuite été comparée aux mesures obtenues après la naissance à l’aide du pied à coulisse. Le temps global d’examen varie de 20 à 30 minutes. Chez l’ensemble des 26 patientes, il a été possible d’effectuer cette mesure. Le diamètre biacromial mesuré par IRM est corrélé de façon significative avec les mesures obtenues à la naissance (R = 0,955), avec cependant une sous-estimation peu importante mais significative de l’IRM (2,3 ± 4,2 mm) pour une moyennne des mesures de 12,99 ± 1,37 cm. Les variabilités inter- et intra-observateurs sont faibles (< 1 mm). Etant donné sa précision et son innocuité, l’IRM apparaît donc comme le meilleur examen. Les seules limites actuelles de son utilisation sont sa disponibilité et son coût.

3. – La pelvimétrie externe
Le bassin peut également être mesuré par voie externe. Dans les pays en voie de développement, la pelvimétrie externe est encore utilisée en fonction des régions. L’instrument utilisé est un pelvimètre de Breisky [2]. L’utilisation de cet instrument au sein d’une population non sélectionnée (n = 605 nullipares, puis n = 2 413 patientes) a montré que chez les patientes de moins de 1,50 m, la mesure du diamètre intertrochantérien et la mesure de la surface sacrée rhomboïde permettaient de sélectionner une population à risque de disproportion céphalopelvienne (DFP) (respectivement, RR 2,3 [1,1-6,3] et RR 9,6 [4,1-22,5]) [3]. Cette étude longitudinale
prospective où les résultats de la pelvimétrie n’étaient pas connus a montré qu’une taille de moins de 150 cm présentait une valeur prédictive positive de 24 % de disproportion foetopelvienne (DFP) et que l’association à une mesure d’une diagonale de moins de 9,5 cm augmentait la valeur prédictive pour un risque de disproportion à plus de 50 %. L’intérêt est particulièrement élevé dans les pays en voie de développement, les patientes à risque potentiel de DFP pouvant ainsi être prises en charge dans une structure où une césarienne peut être réalisée [2]. Inversement, aucune étude ne permet de dire que l’utilisation de la pelvimétrie externe améliore le pronostic maternofoetal. Dans ce même esprit, l’utilisation de techniques non invasives mesurant le périmètre céphalique maternel ainsi que le rapport entre le périmètre céphalique paternel et sa taille semble pouvoir également sélectionner une population à risque [4]. Cet intérêt ne peut être transposé aux pays développés où l’accès aux structures de soins n’est pas limité.


zz CHOIX DE LA PELVIMETRIE EN FONCTION DU CONTEXTE OBSTETRICAL

1. – Radiopelvimétrie et utérus cicatriciel
La pratique de la radiopelvimétrie pour utérus cicatriciel est actuellement critiquée par plusieurs auteurs. Sa réalisation quasi systématique par beaucoup d’obstétriciens est étroitement liée au risque médico-légal. Plusieurs travaux récents, rétrospectifs et prospectifs, ont cependant montré que la prédiction de l’issue du travail par la radiopelvimétrie était mauvaise et que la pratique de cet examen était responsable d’une
augmentation injustifiée du taux de césariennes.
L’étude rétrospective de Krishnamurthy [5] a montré que le taux de succès de la voie basse malgré une bassin jugé pathologique était de 67 % (tableau I). Dans cette série, les 3 ruptures utérines observées étaient survenues dans le groupe de patientes ayant une radiopelvimétrie normale. Lors d’une étude prospective randomisée, Thubisi et al. [6] ne retrouvent aucune modification du taux de morbidité ou mortalité maternofoetale par la pratique de la radiopelvimétrie, cet examen s’avérant par contre indirectement iatrogène par la pratique d’un excès de césariennes (tableau II). Une méta-analyse de la Cochrane Database montre que l’utilisation de la radiopelvimétrie augmente le risque de césarienne particulièrement en cas d’antécédent de césarienne avec un risque variable selon la littérature (OR 2,6 [1,18-5,71] et de 3,5 [2,09-5,8]) [7, 8]. Même un antécédent de disproportion foetopelvienne ne doit pas systématiquement conduire à la réalisation d’une pelvimétrie. En effet, 20 % des patientes accouchent d’enfant de plus gros poids. De plus, une vaste étude réalisée à partir des registres suédois, montre bien qu’en cas d’antécédent de césarienne ou d’extraction instrumentale le risque était plus élevé en cas d’antécédent de césarienne d’avoir de nouveau une césarienne (OR 23,8 [22,2-25]) et d’extraction instrumentale (OR 2,15 [1,91-2,40]) et en cas d’antécédent d’extraction instrumentale d’avoir respectivement
une césarienne (OR 5,95 [5,18-6,80]) ou une extraction instrumentale (OR 4,59 [3,83-5,49]) [8].
Il faut également noter que la prescription d’une radiopelvimétrie ne diminue pas le risque de rupture utérine [8] (OR 0,80 [0,21-2,99]). Ces éléments sont primordiaux dans le cadre médico-légal de la prescription d’une radiopelvimétrie. En effet, alors que le but initial est de diminuer ce risque, la
réalisation d’une radiopelvimétrie a des effets délétères : diminution des chances de succès de base sans bénéfice
prouvé pour la mère non plus que pour l’enfant.




2. – Pelvimétrie en fonction du type de présentation

- Présentation caudale
Lorsque le foetus se présente par le siège, la pratique française (PREMODA) et la littérature inquiétante sur le pronostic foetal d’un accouchement par voie basse font que la radiopelvimétrie est recommandée dans le cadre de la sélection de patientes candidates à une voie basse [9, 10]. Cependant, il faut être conscient qu’à l’heure actuelle cette pratique reconnue n’est basée sur aucune étude et de nombreuses équipes n’incluent pas de pelvimétrie dans leur bilan [11]. Pour beaucoup d’auteurs, la parité est un élément majeur à prendre en considération. La pelvimétrie n’est cependant pas dénuée d’intérêt dans cette indication. En effet, une étude randomisée publiée dans le Lancet a montré que l’utilisation de la pelvimétrie par IRM ne réduisait pas le taux de césariennes en cas de présentation caudale, mais diminuait le risque de césarienne en urgence (19 vs 35 %, p < 0,0052) [12]. Cette notion est importante et rend la prescription de la pelvimétrie utile. Néanmoins, les raisons de cette diminution du taux de césariennes en urgence ne sont pas claires.

- Présentation céphalique
La méta-analyse de la Cochrane Database montre que l’utilisation de la radiopelvimétrie dans ce cadre augmente le risque de césariennes (OR 2,17 [1,63-2,88]), sans augmenter la morbidité maternelle. Cette méta-analyse regroupe 4 études avec un total de 895 participants [7]. Elle ne montre pas d’impact de la radiopelvimétrie sur la morbidité néonatale, ni sur le taux de transfusion ou de sepsis maternel. La réalisation d’une pelvimétrie en cas d’antécédent d’accouchement difficile est à discuter. Enthéorie, il faut évaluer le résultat d’une confrontation céphalopelvienne, il convient également d’évaluer l’état périnéal maternel et les conséquences potentielles d’une autre voie basse. Les index céphalopelviens ont une faible valeur prédictive positive, ce qui rend leur utilisation en pratique inutile.

3. – Pelvimétrie et grossesse gémellaire
Une étude récente montre que le risque de décès périnatal est plus élevé pour le deuxième jumeau au sein d’une série de 8 073 grossesses gémellaires (OR pour J2 : 5,00, IC 95 % : 2,00-14,70). L’odds ratio pour le décès de J2 par anoxie lors du travail était de 21 (IC 95 % : 3,4-868,5). Cette situation est donc potentiellement à risque. Cependant, il n’y a pas d’argument actuellement pour affirmer que la réalisation d’une pelvimétrie dans cette indication améliore le pronostic néonatal. Sa prescription pourrait de la même façon que dans l’accouchement
du siège diminuer le taux de césariennes en cours de travail [13].

4. – Pelvimétrie et macrosomie foetale

Aucune étude n’a permis de mettre en évidence un intérêt de l’estimation de poids foetal ni de la radiopelvimétrie en prédiction d’une disproportion foetopelvienne [14].


zz COMMENTAIRES

Le but de la pelvimétrie est de tenter de prévoir un événement obstétrical (disproportion céphalopelvienne, rétention de tête dernière…) en vue d’améliorer le pronostic foetal. Le pronostic maternel est lui aussi potentiellement amélioré par le biais de la diminution du taux de césariennes en cours de travail.
La littérature ne permet pas à l’heure actuelle de démontrer un intérêt à la réalisation d’une pelvimétrie en cas de suspicion de disproportion foetopelvienne [14] et aucune étude ne permet d’affirmer une amélioration du pronostic maternofoetal. En revanche, des études relativement anciennes ont évoqué la possible association avec des cancers chez l’enfant. Cette association n’a pas été retrouvée par des études plus récentes, les techniques
nouvelles permettent de plus une irradiation moindre.
Le problème de la pelvimétrie rejoint ainsi le problème de la morbidité du travail en lui-même, que la patiente soit primipare, présente un utérus cicatriciel ou une présentation du siège. Si elle est primipare avec une présentation céphalique, la difficulté est de prévoir une césarienne en cours de travail ou une extraction difficile. Le but dans ce cas est d’éviter les conséquences périnéales d’une extraction instrumentale ou d’éviter une césarienne ainsi que sa morbidité. Les examens complémentaires type estimation de poids foetal, radiopelvimétrie sont couramment prescrits. Ces examens ne présentent comme nous l’avons vu qu’un intérêt restreint puisqu’ils sont incapables de prédire correctement un accouchement dystocique, une césarienne en urgence ou un risque de score d’Apgar < 7 à 5 minutes.
Ces dernières années, différents scores ont été établis sans qu’aucun n’ait une valeur prédictive positive suffisante pour être utilisé en pratique. Le travail en équipe ne semble pas améliorer la qualité de la décision. En effet, dans les pays où le taux de césariennes de convenance est particulièrement élevé, la concertation entre deux obstétriciens ne réduit que très peu le taux global de césariennes [15]. Ainsi, l’influence de la discussion des dossiers lors de réunions médicales sur la morbidité maternofoetale n’est pas connue.
La proposition d’une épreuve du travail dans certaines situations obstétricales à risque semble difficile lorsque l’on connaît la morbidité élevée de césariennes en cours de travail en comparaison à la réalisation d’une césarienne programmée[16].


zz CONCLUSION

La prescription de la radiopelvimétrie sera restreinte aux rares indications où elle permet potentiellement d’éviter une situation catastrophique, encore qu’actuellement la littérature ne permet pas d’affirmer que sa prescription met à l’abri d’un accident obstétrical. Se ranger aux pratiques obstétricales classiques semble raisonnable (présentation caudale essentiellement). Si la radiopelvimétrie a pour but de tenter d’éviter une césarienne en urgence, elle pourra être prescrite.
Il est important d’informer la patiente du but des examens prescrits. De cette manière, elle pourra comprendre et adhérer à la démarche décisionnelle de son médecin. Les examens seront revus et les clichés analysés de manière à diminuer le risque d’erreur de résultats. Rappelons enfin que le médecin se doit d’avoir délivré une
information complète, claire et intelligible. Si certains examens ne sont pas prescrits alors que la patiente est demandeuse, il est primordial d’expliquer ses propres motivations et de comprendre celles de la patiente. Il faut également pouvoir prouver que l’information a été correctement délivrée. Nous avons, de plus, une obligation de moyens. Ce qui ne signifie pas qu’il faut faire tous les examens possibles, mais qu’il faut avoir utilisé tous les moyens disponibles pour prendre une décision appropriée.


zz BIBLIOGRAPHIE

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associated with cesarean delivery without labor compared with spontaneous
onset of labor at term. Obstet Gynecol, 2003 ; 102 : 477-82.
Pièces jointes
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tableau pelvi
pelvi.jpg (84.56 Kio) Consulté 7934 fois
Parvati, maman de 2 pt'its bouts qui devaient naître à la maison. 2 AADs tranférés: Noé est né le 04/03/09 (41SA+3) par césarienne (récit) et Anjali est née le 30/03/11 (42SA+1) avec un peu d'aide mais par VB (récit)!
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Re: doc "Quelles sont les indications de la radiopelvimérie?

Messagepar JeannieDee » 16 Juin 2012, 16:03

Merci beaucoup!
Un petit document qu'il faudrait envoyer à tous les gynécologues/obstétriciens peut-être? :twisted:
Il serait grand temps qu'ils arrêtent de nous sortir l'excuse du bassin limite... :evil:
Deena, maman d'Erwan né le 12/06/2010 par césarienne en urgence à 39 SA (pré éclampsie + sortie de bassin limité) et de Nola, née le 03/10/2011 par voie basse (induction à DPA + 6j)
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